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DOMAINE D’INTERVENTION · INFRACTIONS
Avocat viol : défense et parties civiles
Le viol est un crime jugé par la cour criminelle départementale ou la cour d’assises, après une instruction. La défense se prépare dès la garde à vue.
Urgence pénale, jour et nuit : 06 58 40 22 75 · écrire au cabinet
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I · L’INFRACTION
La définition du viol
Le Code pénal définit le viol comme tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital ou bucco-anal, commis sur la personne d’autrui ou sur celle de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise. Depuis la loi du 6 novembre 2025, l’article 222-22 précise que toute agression sexuelle est un acte sexuel non consenti. Le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable ; il s’apprécie au regard des circonstances et ne peut être déduit du seul silence ou de la seule absence de réaction. Il n’y a pas de consentement lorsque l’acte est commis avec violence, contrainte, menace ou surprise.
Pour des faits antérieurs à cette réforme, la définition applicable doit être examinée au cas par cas. Lorsque la victime est un mineur de quinze ans et l’auteur un majeur ayant au moins cinq ans de plus qu’elle, ou en cas d’inceste commis par un majeur sur un mineur, le viol est constitué sans qu’il soit nécessaire d’établir l’absence de consentement.
Les autres actes sexuels non consentis relèvent de l’agression sexuelle, qui est un délit.
II · LES RISQUES
Un crime : peines, prescription et juridictions
Viol : quinze ans de réclusion criminelle.
Viol aggravé : vingt ans, notamment lorsque la victime est mineure de quinze ans ou particulièrement vulnérable, lorsque l’auteur a autorité sur elle, lorsque les faits sont commis par plusieurs personnes, par le conjoint ou le partenaire, ou avec une arme.
Viol ayant entraîné la mort : trente ans ; viol accompagné de tortures ou d’actes de barbarie : réclusion criminelle à perpétuité.
Le délai de prescription est de vingt ans lorsque la victime était majeure. Lorsqu’elle était mineure, il est de trente ans à compter de sa majorité, et peut être prolongé si le même auteur commet ensuite, sur un autre mineur, un viol, une agression sexuelle ou une atteinte sexuelle.
L’ouverture d’une instruction est obligatoire en matière criminelle. À son issue, le viol est jugé par la cour criminelle départementale, composée de cinq magistrats sans jurés, lorsque l’accusé est majeur et encourt quinze ou vingt ans de réclusion, y compris en état de récidive légale depuis la loi du 23 juillet 2026. Dans les autres cas, et en appel, il est jugé par la cour d’assises, avec un jury.
Il arrive que des faits susceptibles de recevoir la qualification de viol soient poursuivis comme agression sexuelle devant le tribunal correctionnel. Cette « correctionnalisation » a des conséquences importantes pour l’accusé comme pour la victime ; elle ne doit jamais être acceptée sans en avoir mesuré la portée.
III · LA JURISPRUDENCE
Ce que juge la Cour de cassation
Ces décisions ont été rendues avant la loi du 6 novembre 2025, qui a placé l’absence de consentement au cœur de la définition des agressions sexuelles. Elles restent utiles pour apprécier la violence, la contrainte, la menace ou la surprise, en présence desquelles il n’y a pas de consentement.
La surprise par stratagème : constitue la surprise l’emploi d’un stratagème destiné à dissimuler l’identité et les caractéristiques physiques de l’auteur pour obtenir un acte de pénétration sexuelle (Cass. crim., 23 janvier 2019, n° 18-82.833).
L’acte imposé à la victime sur elle-même : le viol est constitué lorsque des actes de pénétration sexuelle sont commis sur la victime avec violence, contrainte, menace ou surprise, par une autre personne ou par la victime elle-même (Cass. crim., 14 janvier 2026, n° 25-87.199).
Entre époux : le mariage n’exclut pas le viol (Cass. crim., 5 septembre 1990, n° 90-83.786), ce que précise désormais l’article 222-22 du Code pénal.
IV · LA DÉFENSE
Mis en cause : une défense qui se construit dès la garde à vue
La garde à vue et le défèrement
Les premières déclarations sont décisives. L’avocat s’entretient avec la personne avant chaque audition, l’assiste lors des confrontations et prépare avec la famille les garanties de représentation. À l’issue de la mesure, la personne est souvent présentée à un juge d’instruction, qui peut la mettre en examen ou lui accorder le statut de témoin assisté.
Le débat sur la détention
Le juge des libertés et de la détention peut être saisi d’une demande de détention provisoire. L’avocat propose des alternatives crédibles : contrôle judiciaire, hébergement éloigné de la plaignante ou du plaignant, interdiction de contact, assignation à résidence sous surveillance électronique.
L’instruction
Elle dure souvent plusieurs mois, voire plusieurs années. L’avocat a accès au dossier, sollicite les actes utiles (auditions, confrontations, expertises, exploitation des téléphones), conteste les actes irréguliers et discute la qualification des faits à la clôture de l’information, y compris par la voie de l’appel.
Le procès
Un procès criminel se prépare longuement : choix des témoins et des experts, examen de chaque déclaration, préparation de l’accusé à l’interrogatoire et à la confrontation publique avec la partie civile.
V · LA VICTIME
Victime : être entendue et accompagnée
Une victime peut porter plainte tant que les faits ne sont pas prescrits, au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit auprès du procureur de la République. Un examen médical réalisé rapidement permet de faire constater des éléments utiles ; il est recommandé même lorsque la décision de porter plainte n’est pas encore prise. Le cabinet l’accompagne avec respect, à son rythme :
préparation de la plainte et des auditions, et assistance lors des confrontations ;
constitution de partie civile pendant l’instruction, qui donne accès au dossier et permet de demander des actes ;
contestation d’un éventuel classement ou d’un non-lieu ;
préparation du procès : la victime partie civile peut obtenir que les débats se tiennent à huis clos ;
évaluation du préjudice et saisine, si nécessaire, de la commission d’indemnisation des victimes d’infractions.
VI · LE CABINET
Un avocat pénaliste à Nanterre, Paris et en Île-de-France
Avocat au barreau des Hauts-de-Seine, Maître Aubin Campilla-Rogé intervient exclusivement en droit pénal général et en droit pénal des affaires, en défense comme aux côtés des parties civiles, avec discrétion et sans jugement. Le cabinet, situé 1 rue Carnot à Boulogne-Billancourt, intervient devant les juridictions d’instruction et de jugement de Nanterre, de Versailles, de Paris et d’Île-de-France. Découvrir le cabinet ou prendre contact. En cas de garde à vue : 06 58 40 22 75.
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Vos questions, nos réponses
Le viol est-il jugé par la cour d’assises ou la cour criminelle ?
En première instance, la plupart des viols commis par des majeurs sont jugés par la cour criminelle départementale, composée de cinq magistrats, sans jurés. La cour d’assises, avec un jury, est compétente pour les viols les plus gravement punis, lorsqu’un coaccusé ne relève pas de la cour criminelle départementale, et en appel.
Combien de temps dure une procédure pour viol ?
L’instruction est obligatoire et dure souvent plusieurs mois, parfois plusieurs années, selon les expertises et les actes demandés. Il faut ensuite compter un délai avant l’audiencement du procès.
Une personne mise en examen pour viol est-elle forcément placée en détention provisoire ?
Non. La détention provisoire n’est possible que si un contrôle judiciaire ou une assignation à résidence sous surveillance électronique sont insuffisants. L’avocat présente au juge des garanties concrètes pour l’éviter, et peut faire appel de la décision.
Une victime peut-elle porter plainte longtemps après les faits ?
Oui. Le délai de prescription est de vingt ans pour une victime majeure, et de trente ans à compter de la majorité pour une victime mineure au moment des faits. Même lorsque les faits sont anciens, une plainte peut être étudiée avec un avocat.
La victime peut-elle demander que le procès ne soit pas public ?
Oui. Devant la cour d’assises comme devant la cour criminelle départementale, le huis clos est de droit lorsque la victime partie civile le demande.
Qu’est-ce que la correctionnalisation ?
C’est le fait de poursuivre des faits qui pourraient être qualifiés de viol sous la qualification délictuelle d’agression sexuelle, devant le tribunal correctionnel. Elle raccourcit la procédure mais modifie la qualification et les peines encourues. Elle suppose une décision éclairée, prise avec l’avocat.
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